L’humidité excessive dans les appartements anciens constitue un problème récurrent qui touche des milliers de logements en France. Nous observons régulièrement que le taux d’humidité idéal se situe entre 40% et 60%, mais de nombreux appartements anciens dépassent largement ces valeurs. Chaque personne rejette environ 10 à 30 litres d’eau par jour dans son environnement, uniquement par la respiration, la transpiration et les activités quotidiennes. Cette production naturelle d’humidité, combinée aux particularités des constructions anciennes, crée des conditions favorables aux moisissures et aux dégradations. Nous constatons que depuis les années 1980, les logements bénéficient d’une VMC, mais les appartements plus anciens souffrent souvent d’un système de ventilation inadapté ou inexistant. Cette situation engendre des conséquences sur la santé des occupants et sur l’intégrité du bâti.
Causes fréquentes de l’humidité dans les logements anciens
Nous identifions régulièrement plusieurs origines distinctes à l’excès d’humidité dans les appartements anciens. La condensation représente la cause la plus répandue et résulte directement d’une ventilation insuffisante. Les activités quotidiennes comme la cuisine, les douches ou le séchage du linge produisent une quantité importante de vapeur d’eau qui stagne dans les pièces mal ventilées. Cette vapeur se condense sur les surfaces froides, particulièrement sur les fenêtres et les murs, créant un environnement propice au développement de moisissures noires ou verdâtres.
Les infiltrations d’eau constituent la deuxième cause majeure dans les constructions anciennes. Nous remarquons fréquemment des fissures dans les murs extérieurs, des toitures dégradées ou des joints défectueux autour des ouvertures qui laissent pénétrer l’eau de pluie. Ces infiltrations s’aggravent lors des fortes intempéries et provoquent des taches persistantes, des peintures écaillées et des papiers peints gondolés.
Les remontées capillaires affectent particulièrement les rez-de-chaussée et les étages inférieurs des immeubles anciens. L’eau remonte depuis les fondations par capillarité dans les murs, créant des taches blanches caractéristiques de salpêtre en partie basse. Ce phénomène fragilise progressivement les structures et nécessite une intervention spécifique. Nous observons également que les fuites de plomberie, souvent détectées tardivement dans les canalisations encastrées, contribuent à l’humidité ambiante dans les cuisines et salles de bains.
Solutions sans travaux pour contrôler l’humidité
Nous recommandons en priorité l’aération quotidienne comme geste fondamental pour réduire l’humidité. Ouvrir les fenêtres en grand pendant au moins 10 minutes chaque jour, même en hiver, permet de renouveler le volume d’air et d’évacuer l’humidité accumulée. Cette pratique s’avère particulièrement efficace après les périodes de forte activité : réveil, douches, préparation des repas. Nous insistons sur l’importance de créer des courants d’air pour optimiser l’évacuation de la vapeur d’eau.
L’adaptation des habitudes quotidiennes joue un rôle déterminant dans la gestion de l’humidité. Nous conseillons de couvrir systématiquement les casseroles lors de la cuisson et d’activer la hotte de cuisine pour aspirer les vapeurs. La réduction de la durée et de la température des douches diminue également la production de vapeur d’eau. Le séchage du linge représente une source majeure d’humidité : nous préconisons de faire sécher le linge à l’extérieur du logement chaque fois que possible, ou à défaut dans une grande pièce fermée avec une fenêtre entrouverte.
L’entretien régulier du système de ventilation existant ne doit pas être négligé. Nous vérifions que les bouches d’aération ne sont jamais obstruées et les nettoyons avec un aspirateur ou un chiffon humide une à deux fois par an. Les grilles d’aération en partie basse et haute des pièces humides assurent une circulation naturelle de l’air, même en l’absence de VMC. Pour stocker en sécurité vos documents administratifs, nous recommandons de choisir des espaces ventilés et secs, loin des zones sujettes à l’humidité.
Équipements utiles pour assainir l’atmosphère
Le déshumidificateur électrique constitue une solution efficace pour réduire rapidement le taux d’humidité, particulièrement en hiver ou dans les pièces mal ventilées. Nous constatons que ces appareils extraient plusieurs litres d’eau par jour selon les modèles et les conditions d’utilisation. Ils représentent pourtant une solution temporaire en attendant la mise en place de mesures plus pérennes.
Nous avons testé plusieurs méthodes naturelles de déshumidification qui offrent des résultats variables. Le gros sel placé dans un bol dans les pièces humides absorbe l’excès d’humidité et nécessite un remplacement hebdomadaire. Le charbon de bois, disposé dans un bocal percé, fonctionne selon le même principe. La gomme arabique et la litière pour chat constituent également des alternatives naturelles, bien que leur efficacité reste inférieure à celle des solutions mécaniques.
| Méthode naturelle | Efficacité | Fréquence de remplacement |
|---|---|---|
| Gros sel | Moyenne | Toutes les semaines |
| Charbon de bois | Moyenne | Toutes les semaines |
| Gomme arabique | Faible | Toutes les 3 semaines |
| Chlorure de calcium | Bonne | Selon saturation |
Les plantes d’intérieur offrent une solution écologique complémentaire. Nous recommandons particulièrement la fougère de Boston, le spathiphyllum ou le lierre grimpant pour les salles de bains et cuisines. Ces végétaux absorbent l’humidité ambiante par leurs feuilles tout en apportant une touche décorative. Le palmier nain et le ficus présentent également des vertus dépolluantes intéressantes.
Erreurs à éviter absolument
Nous alertons régulièrement sur les solutions cache-misère qui masquent temporairement les problèmes sans traiter leurs causes. Poser du lambris sur un mur moisi, remplacer le papier peint abîmé par un modèle imperméable ou appliquer un revêtement étanche sur un mur extérieur altéré aggrave la situation. Ces interventions piègent l’eau dans les structures et accélèrent leur dégradation. Les sinistres causés par l’humidité ne sont pas couverts par l’assurance habitation, d’où l’importance d’intervenir correctement dès les premiers signes.
L’obstruction des systèmes de ventilation constitue une erreur fréquente que nous observons. Calfeutrer les bouches d’aération pour éviter les courants d’air ou bloquer les grilles d’entrée d’air supprime toute circulation et favorise l’accumulation d’humidité. Nous insistons sur le maintien impératif de ces ouvertures, même si elles génèrent une légère sensation de froid.
Quand envisager des travaux structurels
Nous recommandons l’installation d’une VMC lorsque les solutions simples ne suffisent plus. La VMC double flux permet de réaliser jusqu’à 10% d’économies sur les factures de chauffage tout en garantissant un renouvellement constant de l’air. Le dispositif MaPrimeRénov apporte une aide financière pour ce type d’équipement, sous réserve d’une installation par un artisan certifié RGE.
Les travaux d’isolation s’avèrent indispensables dans les appartements anciens. Le remplacement des fenêtres simple vitrage par du double vitrage réduit considérablement les pertes de chaleur et limite la condensation sur les vitrages froids. Cette intervention ouvre droit aux aides financières pour la pose d’au moins quatre fenêtres. L’isolation des murs extérieurs, des sols et des combles complète efficacement le dispositif.
Pour les remontées capillaires, nous préconisons l’injection de résine hydrophobe dans les murs ou l’installation d’un drainage périphérique autour des fondations. Ces interventions nécessitent l’expertise d’un professionnel qui établira un diagnostic précis avant de proposer la solution adaptée. Les locataires confrontés à des problèmes d’humidité doivent signaler la situation par écrit au propriétaire, légalement tenu de fournir un logement décent.















































































