Au Royaume-Uni comme ailleurs, la communauté des sourds et malentendants peine à se faire entendre. Rosie Cooper, députée de West Lancashire et sensible à la cause, a donc porté un nouveau projet de loi devant le Parlement, ce 28 janvier, pour tenter de faire reconnaître juridiquement la langue des signes britannique. Une avancée très attendue par la communauté concernée, avec à la clé un accès égal à l’emploi, à l’éducation et aux services publics.

​Les avancées sur la cause des sourds et malentendants

Une véritable avancée fait son entrée au parlement du Royaume-Uni. Rosie Cooper, députée travailliste, a déposé, ce 28 janvier, un texte de loi visant à reconnaître officiellement la langue des signes britanniques. Les enjeux sont importants pour la communauté des sourds et malentendants qui peinent à se faire une place au sein de la société. L’objectif ? Faire en sorte que la langue des signes soit davantage reconnue, qu’elle fasse l’objet d’un apprentissage plus fréquent dans les établissements scolaires et que les personnes concernées puissent bénéficier d’un accès égal à l’emploi, à l’éducation et aux services publics. Depuis 1990, la BDA (British Deaf Association) se bat pour la reconnaissance légale de la langue des signes et une meilleure intégration des sourds et malentendants. Si la loi a d’abord pour but d’améliorer le quotidien de ces derniers, elle a également pour objectif de promouvoir l’application de la langue des signes pour toute intervention publique et d’intérêt général.

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En France, les choses semblent également changer peu à peu. A Paris, la maire de la ville, Anne Hidalgo, souhaite faire entrer dans les écoles l’apprentissage de la langue des signes, au même titre que l’espagnol, l’allemand ou l’italien. Ainsi, la langue des signes français (LSF), sera probablement proposée aux étudiants dès la rentrée prochaine, en septembre 2022. Les objectifs sont les mêmes que ceux qui ont pu être évoqués au Royaume-Uni. La langue des signes doit permettre aux sourds et aux malentendants de faire pleinement partie de la société et de jouir des mêmes droits et des mêmes chances que les autres. La mesure concerne principalement le secondaire (lycée) et implique un recrutement massif de professeurs de LSF. Un problème dans un pays où la langue des signes ne relève pas encore de l’Éducation Nationale et nécessitant un CAPEJS (Certificat d’aptitude au Professorat de l’Enseignement des Jeunes Sourds).

​Pourquoi ce regain d’intérêt pour la langue des signes ?

L’intérêt pour la langue des signes n’a jamais totalement disparu. De nombreuses familles possèdent des proches sourds ou malentendants, la question de l’intégration de ces personnes en situation de handicap ont donc toujours existé. Il s’agit cependant d’une toile de fond, se manifestant principalement lors de discours officiels ou sous forme d’options dans les paramètres de la télévision. Aujourd’hui, la population prend peu à peu conscience de l’existence de ces personnes et de l’importance de l’apprentissage de la LSF. A noter que de plus en plus de mamans utilisent la langue des signes pour apprendre à leurs enfants, pas encore en âge de parler, à exprimer leurs désirs. Un phénomène de mode aux vertus pédagogiques, permettant également de faire avancer la cause des sourds et malentendants. Les parents apprennent librement la langue des signes sur des tutoriels vidéos ou utilisent les formations à domicile de l’Ecole Française, financées grâce à des fonds mutualisés CPF.

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Si les termes de sourds et malentendants sont souvent confondus pour parler des mêmes personnes, une différence réside cependant bel et bien entre les deux. Pour rappel, une personne souffrant de surdité est née avec une perte d’audition ou a perdu son audition avant d’accéder à la construction du langage. Une personne malentendante a quant à elle déjà pu accéder à la parole avant de perdre son audition. C’est pourquoi les personnes sourdes apprennent beaucoup plus tôt la langue des signes et sont beaucoup plus à l’aise avec.

​Comment apprendre la langue des signes ?

Vous souhaitez apprendre la langue des signes pour communiquer avec votre bébé ou pour vous ouvrir davantage à la communauté des sourds et malentendants ? Voici quelques solutions pour pouvoir apprendre la LSF et progresser efficacement :

  • Effectuer une formation à domicile grâce à l’École Française,
  • S’abonner à des chaînes YouTube dédiées à l’apprentissage de la langue des signes,
  • Jouer à des jeux spécialisés dans la LSF (les cartes représentent des signes de la main, il faut deviner de quel mot il s’agit),
  • Se perfectionner grâce aux livres ou dictionnaires de LSF en ligne,
  • Prendre des cours de langue des signes pour passer à la vitesse supérieure.

Bien entendu, l’apprentissage est plus rapide avec toutes ces solutions combinées. A l’instar de l’espagnol, l’italien ou n’importe quelle langue vivante, la LSF doit être travaillée tous les jours. Contrairement aux autres langues, il n’est pas possible d’aller dans un pays pour pouvoir s’immerger. Il est donc conseillé, à tous ceux qui souhaitent apprendre efficacement la LSF, de prendre des cours réguliers avec un enseignant agréé.